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Comédie, avec une notice biographique, une notice historique et littéraire, des notes explicatives, une documentation thématique, des jugements, un questionnaire et des sujets de devoirs
Le Don Juan de Charles Bertin a toujours provoqué l'admiration de la presse et du public. Par la maîtrise de sa dramaturgie, cette pièce atteint a la sobriété froide et rigoureuse qui est la marque des meilleures réalisations de l'esthétique néoclassique belge de l'après-guerre.
" Même en dehors de Sylvie, il y a chez Nerval une infusion omniprésente du souvenir, une chanson du temps passé qui s'envole et qui se dévide à partir des rappels même les plus ténus de naguère comme de jadis, et que je ne vois à aucun autre écrivain. Ce n'est pas une résurrection quasi hallucinatoire du passé, comme il arrive aux meilleurs moments de Proust, tout proches parfois de l'illusion de la fausse reconnaissance, c'est plutôt, évoqué dans sa prose par quelque sortilège, le contact d'aveugle qu'on éprouve en retrouvant la maison et le jardin de son enfance. Comme si ce monde révolu était le seul endroit où, instinctivement, infailliblement Nerval se retrouve, et nous en convainc immédiatement. " Julien Gracq. Un tel monde révolu est ce qui définit au plus près les œuvres ici réunies où se retrouve à la fois le " rêveur en prose " et le poète des Odelettes et des Chimères. Les Petits Châteaux recomposent les âges de Nerval; les Promenades et Souvenirs ne séparent pas le passé des lieux que l'écrivain traversa. Quant aux Filles du Feu, c'est sous le titre d'Amours perdues qu'il songea un moment à les publier. Comme souvent chez Nerval, ces différentes œuvres ne cessent pas ainsi d'être une quête.
"Voici l'heure sinistre de la nuit, L'heure des tombes qui s'ouvrent, celle où l'enfer Souffle au-dehors sa peste sur le monde. Maintenant je pourrais boire le sang chaud Et faire ce travail funeste que le jour Frissonnerait de voir. Mais, paix ! D'abord ma mère. Oh, n'oublie pas, mon coeur, qui elle est. Que jamais Une âme de Néron ne hante ta vigueur ! Sois féroce mais non dénaturé. Mes mots seuls la poignarderont ; c'est en cela Que mon âme et ma voix seront hypocrites ; Mon âme ! Aussi cinglantes soient mes paroles, Ne consens pas à les marquer du sceau des actes !" (Acte III, scène II).
L'Impromptu de Versaille
L'Ecole des femmes, qui enrichit la satire formulée dans L'Ecole des maris un an plus tôt, est un laboratoire. Elle a donné lieu à La Critique de l'Ecole des Femmes, mise en scène tranchante des débats que la pièce a suscités. Puis à L'Impromptu de Versailles, qui évoque ironiquement la réception de la Critique elle-même. Quatre pièces dans lesquelles Molière dénonce le ridicule de ceux qui croient à leur rôle au point de s'y tenir. A l'hypocrisie du théâtre social, il oppose le secours de la comédie. Parfois négligées, les trois pièces offertes en regard de L'Ecole des femmes montrent pourtant un Molière qui s'engage dans la défense de sa pièce, allant jusqu'à se mettre lui-même en scène. Car c'est bien en homme de troupe que Molière perçoit les rôles que les uns sont prêts à jouer et que les autres s'apprêtent à trahir.
" Quand il s'arrêta dans la cour, une femme était assise sous le porche. Il avait l'air d'y faire frais et elle buvait quelque chose qui avait l'air plus frais encore. Elle quitta le porche pour venir vers lui. Il sortit de sa camionnette et la regarda, la regarda de plus près, d'encore plus près. Elle était ravissante, ou l'avait été à une époque, ou pouvait l'être encore. Et immédiatement, il se sentit envahi par cette gaucherie qui le saisissait toujours quand il était face à des femmes qu'il désirait ". Francesca Johnson, fermière de l'Iowa, était seule cette semaine-là ; son mari et ses enfants s'étaient rendus en ville pour la foire agricole. Sa rencontre avec Robert Kincaid, écrivain-reporter qui photographiait les ponts du comté de Madison, eut lieu au cours de l'été 1965. Dès leur premier regard, ils surent qu'ils étaient faits l'un pour l'autre de toute éternité. Ils ne disposaient que de quelques jours pour se connaître, s'aimer et vivre une vie entière de passion silencieuse, avide et sans espoir. " sur la route de Madison " est une des plus belles histoires d'amour jamais écrites. Clint Eastwood en a tiré un film, avec Meryl Streep, salué par une critique unanime et plébiscité par le grand public.
Eté 1789. Quartier chargé d'histoire, le faubourg Saint-Antoine entre en Révolution. La fin de l'Ancien Régime frappe douloureusement le monde des ébénistes dont Les Dames du Faubourg avait conté la naissance. La vieille abbaye de Saint-Antoine-des-Champs, sa gardienne tutélaire, disparaît dans la tourmente. Mais il faut que la vie continue. La belle Antoinette de Valfroy, restée seule avec la petite Lucie, Ethis, jeune héros de la Bastille, et Marie, chacun essaye de tenir, de vaincre l'angoisse que la Grande Terreur distille plus tard comme un poison. Passent la Révolution, puis le Consulat, arrivent l'Empire et les nouvelles générations. A travers ses personnages anciens et nouveaux, à travers leurs chagrins, leurs joies, leurs amours, Jean Diwo fait revivre ici, au quotidien, trente années de l'épopée de la vieille communauté du meuble : ébénistes, menuisiers ciseleurs, doreurs de tous bois...
Ann Lord " ne verra pas jaunir les feuilles " cet automne. Mais qui, d'Ann Grant, la jeune fille, ou d'Ann Lord, la vieille femme, va mourir ? Quelle est l'identité, quelle est cette part d'elle-même vouée à l'oubli des autres, qui va soudain sombrer ? Se peut-il que l'amour fou, le premier, le grand amour, qu'elle n'a connu que quelques heures de sa vie de femme, d'épouse, de maîtresse et de mère, soit le seul souvenir à émerger d'une existence qu'elle a traversée plutôt que véritablement vécue ? Dans ce roman, Susan Minot s'interroge sur le puzzle de la mémoire, sur l'image que les autres - les vivants retiendront de nous, sur la persistance du souvenir en nous abandonnant au flux du temps qui passe, sans essayer de le maîtriser. Elle nous laisse au cœur la nostalgie poignante de ce qui aurait pu être et n'a jamais été.
tragédie
Jouée en 1653, sans doute à l'Hôtel de Bourgogne, l'un des hauts lieux du théâtre à l'époque, La Mort d'Agrippine fit scandale par son libertinage et suscita une grande curiosité mondaine. Dans cette pièce qui montre un épisode du règne de Tibère - l'élimination de son ministre et favori Séjanus -, Cyrano de Bergerac décrit un monde en ruines où tous se ressemblent, se rejoignent dans la même absence de scrupules, la même immoralité et le même recours au crime. L'unique tragédie de Cyrano de Bergerac (1619-1655), esprit fort, querelleur et libre. Une ouvre d'un cruel pessimisme historique et idéologique.
«Médée, terrible Médée ! Femme révoltée qui trahit son père, tua son frère pour l'amour de Jason et la conquête de la Toison d'or. Dix ans après, Jason se déprend de Médée et s'apprête à épouser la fille de Créon, roi de Corinthe. Refusant la fuite et le "bonheur, le pauvre bonheur", Médée va continuer à semer le feu... Je t'ai aimée, Médée. J'ai aimé notre vie forcenée. J'ai aimé le crime et l'aventure avec toi. Et nos étreintes, nos sales luttes de chiffonniers, et cette entente de complices que nous retrouvions le soir, sur la paillasse, dans un coin de notre roulotte, après nos coups. J'ai aimé ton monde noir, ton audace, ta révolte, ta connivence avec l'horreur et la mort, ta rage de tout détruire. J'ai cru avec toi qu'il fallait toujours prendre et se battre et que tout était permis.»Jean Anouilh.
C'est dans l'Allemagne du Moyen Age qu'Hermann Hesse, Prix Nobel de Littérature, a situé l'histoire du moine Narcisse et de Goldmund, enfant très doué qu'on lui a confié et auquel il s'attache. Il sent que sa vocation n'est pas le cloître et l'aide à choisir sa voie. C'est alors pour Goldmund la vie errante, les aventures galantes; il se décide, par sagesse, à devenir sculpteur: l'art sera une façon de chercher le beau. Philosophe autant que poète et romancier, Hermann Hesse aspire à une civilisation idéale où il y ait équilibre entre spiritualité et animalité: toute son œuvre est imprégnée de ce désir de conciliation. Novice au couvent de Mariabronn, Narcisse se distingue par son intelligence et sa culture. On lui confie Goldmund, écolier que son père destine à l'état monastique pour expier le passé tumultueux de sa mère. Narcisse s'attache à cet enfant. Il sent que sa vocation n'est pas le cloître et l'aide à choisir sa voie. C'est alors pour Goldmund la vie errante: aventures galantes dont il attend éperdument qu'elles manifestent le visage idéal de la femme, de l' "Eve éternelle", visage mythique venu se substituer à celui de sa mère morte. Une heure de sagesse le décide à se faire sculpteur: l'art sera une façon de chercher le beau. Pourtant il reprendra ses vagabondages... C'est dans le cadre de l'Allemagne du Moyen Age que le romancier Hermann Hesse a situé l'histoire allégorique du moine Narcisse et de l'artiste Goldmund dont la double quête reflète les préoccupations de l'homme, écartelé entre les exigences de l'âme et du corps.
Un sous-officier me fit signe de sortir ; la cour était pleine de soldats. Je pouvais faire quelques pas. Il me tourna vers le mur, les mains appuyées sur les pierres au-dessus de ma tête. J'entendis un commandement : " Archtung ", je me retournai : j'étais en face d'un peloton d'exécution. Le miroir des Limbes : I. Antimémoires. II. La corde et les souris.
Énigme des Noyers de l'Altenburg : c'est un dernier roman. Quand le livre paraît, André Malraux a quarante et un ans ; dans le tiers de siècle qui lui reste à vivre, il publiera la longue suite des écrits sur l'art et ces œuvres dont le titre, Antimémoires, résume l'ambition. Si le cas des Noyers est singulier, c'est qu'il y a abandon non seulement d'un projet, mais du genre même où Malraux avait affirmé sa maîtrise : le roman. Dans ce livre, nombreux sont les souvenirs personnels : l'Alsace entrevue en 1922, le premier retour en Europe, à Marseille, la découverte de la Perse et de l'Afghanistan, les décades de Pontigny, l'expérience militaire de 1939-1940. Tout ce qu'a vécu Malraux, il l'a 'transformé en fiction', prêtant tantôt au narrateur, tantôt à son père, ses propres aventures et sentiments. Parfois l'auteur transpose simplement les lieux ou les dates : ainsi la cathédrale de Sens est transportée à Chartres. Pour l'écrivain, tout devient métamorphose : la vie, les lectures, les souvenirs, les passions...
L'auteur a regroupé dans ce volume quatre de ses ouvrages initialement parus entre 1971 et 1975. Revus et complétés, ils sont présentés dans cette version définitive en six chapitres : I, II, III : Hôtes de passage. IV : Les chênes qu'on abat... V : La tête d'obsidienne. VI : Lazare. " La corde et les souris " achève la grande fresque contemporaine d'André Malraux " Le Miroir des Limbes : I. Antimémoires. II. La corde et les souris.
Après trente ans de travail acharné, Stendhal est digne d'improviser ; il sait peindre d'un premier trait, d'un seul trait. Il a lentement créé cet instrument de prose rapide, qui est lui-même : son style le plus parfait est devenu sa voix naturelle. L'originalité n'est plus un but qu'il se propose : elle est en lui... La revanche imaginaire, ce rêve de compensation qui succède à la douleur de l'échec et en marque la convalescence, est un des excitants les plus forts de l'imagination créatrice. C'est sous cet aspect de revanche imaginaire qu'il faut voir la transposition de Stendhal en Julien, la beauté de Julien, sa minceur. Les souvenirs directs gardent leur accent secret et déchirant parce qu'ils sont placés parmi les enthousiasmes de la revanche imaginaire.
" Alors, c'est la cérémonie des adieux ?" m'a dit Sartre, comme nous nous quittions pour un mois, au début d'un été. J'ai pressenti le sens que devaient prendre un jour ces mots. La cérémonie a duré dix ans : ce sont ces dix années que je raconte dans ce
livre.
S. de B.
Cagliostro Cazotte, le " roi de Bicêtre ", Restif de la Bretonne, ces illuminés et quelques autres " excentriques de la philosophie " ou " précurseurs du socialisme ", leur histoire, c'est un peu l'éloge de la folie de Gérard de Nerval. Egarements du cœur, égarements de l'esprit, égarements de la chair aussi, et Nerval n'a sans doute rien écrit de plus subtil que ces pages où, à travers les Confidences de Nicolas, il porte à son point de perfectionnement poétique la tradition libertine du XVIIIè siècle.
On dit que la vie est un songe. Pour Léon-Léon Faypoul, le héros de Jacques Laurent, elle est plutôt un conte à dormir debout. A-t-il été terroriste en 1937 ? Pendant l'Occupation, a-t-il servi la milice ou la résistance ? Qu'a-t-il aimées ? Huguette, ou Blanche, ou aucune ? Les feuillets qu'il nous laisse avant de disparaître ne font qu'épaissir ces mystères. Dans cette chronique, trompeusement ancrée dans les événements politiques et historiques de notre époque, le véritable héros, c'est l'imaginaire.
Félix de Vandenesse tombe éperdument amoureux de la comtesse de Mortsauf, jeune femme vertueuse mariée à un vieil homme insupportable. Fidèle à ses valeurs, elle lutte contre le désir qui l'envahit peu à peu. Mais un jour, Félix rencontre lady Dudley, une marquise anglaise très belle mais aussi très perverse. Dès lors, il se trouve déchiré entre un amour pur et une passion sensuelle.
" Cette œuvre immense qui domine la production littéraire de sa décade ", écrit le critique américain John Brown. John Dos Passos, dans le 42e Parallèle, invente un genre romanesque nouveau. Prodigieux tableau des débuts du XXe siècle aux U.S.A., il fait vivre des personnages de toutes les classes sociales, introduit des actualités, des portraits au vitriol des célébrités du jour, des collages, des textes lyriques. Ainsi surgit la " comédie inhumaine ", d'un monde collectif, où les tragédies individuelles se fondent dans le désespoir d'une époque, d'une société.
avec un choix des scénarios, du Sottisier, l'Album de la Marquise et Le Dictionnaire des idées reçues
Bouvard et Pécuchet est une Odyssée. La littérature (profane - c'est-à-dire la vraie) commence avec Homère (déjà grand sceptique) et toute grande œuvre est soit une Iliade soit une Odyssée, les odyssées étant beaucoup plus nombreuses que les iliades : le Satiricon, La Divine Comédie, Pantagruel, Don Quichotte, et naturellement Ulysse (où l'on reconnaît d'ailleurs l'influence directe de Bouvard et Pécuchet) sont des odyssées, c'est-à-dire des récits de temps pleins. Les iliades sont au contraire des recherches du temps perdu : devant Troie, sur une île déserte ou chez les Guermantes. Raymond Queneau
On l'appelle Raboliot parce qu'il ressemble à un lapin de rabouillère (nid de garennes). Braconnier passionné, hardi, sûr de lui et de son adresse, rien ne peut l'empêcher d'obéir à ce besoin de chasse nocturne qui l'empoisonne chaque soir. Le gendarme Bourrel, cependant, a failli le prendre sur le fait. Excité par le danger, Raboliot multiplie les imprudences et va jusqu'à narguer ouvertement Bourrel. Dès lors, entre les deux hommes commence une lutte sans merci. Traqué, Raboliot doit fuir, vivant dans les bois comme un loup. Au bout de trois mois, accablé de solitude, torturé par le désir de revoir sa femme et ses enfants, Raboliot revient chez lui ... et c'est le drame. Raboliot est sans doute le plus représentatif des romans que Maurice Genevoix, conteur exceptionnel, consacra à son terroir, la Sologne. Commentaires de Francine Danin
Dans cette approche de l'informel, de la matière, du tissu, Hugo se révèle comme le précurseur d'une part importante de l'art contemporain, et l'on peut trouver dans son œuvre toutes sortes de suggestions pour utiliser et poursuivre les trouvailles de celui-ci. La partie centrale des Travailleurs de la mer fourmille de rochers et de vagues superbes. Michel Butor
" Elle regarda, fatale, avec ses yeux d'Aldébaran, rayon visuel mixte, ayant on ne sait quoi de louche et de sidéral. Gwynplaine contemplait cette prunelle bleue et cette prunelle noire, éperdu sous la double fixité de ce regard de ciel et de ce regard d'enfer. Cette femme et cet homme se renvoyaient l'éblouissement sinistre. Ils se fascinaient l'un l'autre, lui par la difformité, elle par la beauté, tous deux par l'horreur. Il se taisait, comme sous un poids impossible à soulever. Elle s'écria : - Tu as de l'esprit. Tu es venu. Tu as su que j'avais été forcée de partir de Londres. Tu m'as suivie. Tu as bien fait. Tu es extraordinaire d'être ici. Une prise de possession réciproque, cela jette une sorte d'éclair. Gwynplaine, confusément averti par une vague crainte sauvage et honnête, recula, mais les ongles roses crispés sur son épaule le tenaient. Quelque chose d'inexorable s'ébauchait. Il était dans l'antre de la femme fauve, homme fauve lui-même. "
En faisant des amours interdites de Marguerite de Ravalet le sujet de son nouveau roman, Gabrielle Dancel ne peut se douter à quel point son destin va se mêler à celui de son héroïne. Quatre cents ans après ce drame qui défraya la chronique sous Henri IV, la malédiction semble se répéter et faire de la jeune romancière sa dernière victime.