Our French Library
Explore and borrow books, magazines and more from our library. Borrowing is free for students and members.
Explore and borrow books, magazines and more from our library. Borrowing is free for students and members.
le soleil noir
Rancé fut l'autre astre du Grand Siècle. Le double sombre du Soleil louisquatorzien. A vingt-cinq ans, Rancé émerge des fumées de la Fronde. Le docteur en Sorbonne s'intéresse au jansénisme, mais le filleul de Richelieu sent assez la politique pour rester légitimiste. L'aumônier de Monsieur, frère du roi, éblouit par sa taille, sa conversation et ses justaucorps caparaçonnés d'émeraudes, mais redevient l'" abbé tempête " en chassant, l'épée au côté, et en accomplissant des prouesses à cheval plutôt que de célébrer la messe. Six ans plus tard, l'insolent précieux s'est débarrassé des oripeaux de la vanité, " ayant reçu comme un coup de foudre ". La plus belle femme de la Cour, la duchesse de Montbazon, dont Rance avait les faveurs, meurt de rougeole. La seule présence de Rance transforme ce trépas ordinaire en mort baroque, remplie de gestes sublimes et de rumeurs magnifiques. L'astre de la Cour disparaît alors au monastère cistercien de la Trappe dans le Perche. Le plus illustre converti du " siècle des saints ", exemplaire en tout à force d'austérité, n'en exerce qu'une fascination plus grande, de Versailles à Rome, de Bossuet à Mabillon et à Saint-Simon. Comme un soleil noir ou, mieux, un reproche permanent que l'Abel de la Trappe adressait au Caïn de Versailles.
Roman. 2. II
Vorhanden: 1 : Han d'Islande ; Bug-Jargal ; Le dernier jour d'un condamné ; Notre-Dame de Paris ; Claude Gueux ; Annexe: Le Burg-Jargal du Conservateur littéraire . - 2 : Les Misérables. - 3 : L'Archipel de la Manche ; Les travailleurs de la mer ; L'homme qui rit ; Quatrevingt-treize.
" A son décès, en avril 1987, Primo Levi laissait une douzaine de nouvelles inédites. Certaines sont d'inspiration autobiographique, d'autres se présentent comme des " contes moraux déguisés en récits de science-fiction ". Pour la NRF, nombre d'entre elles insistent sur le sentiment d'étrangeté que ressent l'écrivain dans le monde. Ces textes confirment que Primo Levi ne fut pas seulement un témoin capital : il occupe une place prééminente parmi les créateurs de son temps ". J.-C.Z.
RUY BLAS Bon appétit messieurs ! - ministres intègres ! Conseillers vertueux ! Voilà notre façon De servir, serviteurs qui pillez la maison ! Donc vous n'avez pas honte et vous choisissez l'heure. L'heure sombre où l'Espagne agonisante pleure ! Donc vous n'avez ici pas d'autres intérêts Que d'emplir votre poche et vous enfuir après ! Soyez flétris, devant votre pays qui tombe Fossoyeurs, qui venez le voler dans la tombe ! - Mais voyez, regardez, ayez quelque pudeur. L'Espagne et sa vertu, l'Espagne et sa grandeur, - Tout s'en va - Nous avons, depuis Philippe Quatre, Perdu le Portugal, le Brésil sans combattre : En Alsace Brisach, Steinfort en Luxembourg : Et toute la Comté jusqu'au dernier faubourg : Le Roussillon, Ormuz, Goa, cinq mille lieues De côte, et Fernambouc, et les Montagnes Bleues ! Mais voyez. - Du ponant jusques à l'orient. L'Europe, qui vous hait, vous regarde en riant.
Le Quart livre est le plus satirique et le plus audacieux des quatre livres de la geste de Pantagruel. En apparence, il raconte le voyage maritime de Pantagruel (à l'image des Argonautes et de Jacques Cartier). Il aborde à de nombreuses îles, des Chicanous (satire des gens de justice), de Tapinois, où règne Quaresmeprenant, l'île Farouche (où se déroule la guerre entre les Andouilles et les Cuisiniers), l'île des Papefigues (protestants), celle des Papimanes (catholiques). Mais c'est aussi un texte sur la religion : Rabelais attaque les superstitions, le culte du pape, les vices du clergé, les prétentions de la Curie romaine. Il condamne, dans cette Odyssée allégorique, toutes les Eglises, au profit de la liberté de l'Esprit. La galerie de monstres que l'on parcourt dans un prodigieux carnaval symbolise en même temps un combat politique et religieux, de son temps et de tous les temps.
Que voulait-il... ce Rabelais, dans sa plénitude d'homme ? L'argent ? C'est peu probable. La gloire ? Ce n'est pas impossible. L'amour ? Mais la femme n'existe pas dans l'œuvre pantagruélique... Alors ? Alors, jouir de ses dons et en faire usage pour recréer un monde purgé des sots, des cafards, des meurtriers de l'intelligence et du caractère : Sorbonagres à syllogismes, Andouilles et Carême-Prenants, Matagotz de Genève, rôtisseurs de la place de Grève, Chats-Fourrés prévaricateurs et sadiques ? ... Son œuvre parle ! Son œuvre, l'œuvre d'un homme qui veut servir. Faire rire, sans doute, c'est le propre de l'homme. Mais Rabelais s'engage, on ne saurait s'y méprendre. Il s'engage pour servir un idéal - celui de la génération qu'il incarne, dans le pays qu'il aime : une sagesse selon son cœur, engendrant un bonheur selon ses goûts.
Il y a dans Ramuntcho tout ce que le lecteur espère d'un roman de Loti : une histoire d'amour un peu triste dans un décor exotique. Le pays basque est encore exotique en 1897 et, grâce à Loti, un paradis où les jeunes gens dansent, jouent de la pelote et font de temps en temps de la contrebande. Tous ces ingrédients ont fait l'immense succès de Ramuntcho. Pourtant, ces paysages admirables et ces splendides montagnes dissimulent la nécessité première du récit. Derrière les amours de Ramuntcho et de Gracieuse se cache l'aventure réelle de l'auteur qui partit pour le pays basque engendrer des enfants d'une race plus pure. De sa folle entreprise et de ses remords est né Ramuntcho, qui n'est donc pas un roman aussi simple qu'il paraît. Le lecteur d'aujourd'hui prendra un grand plaisir à lire cette histoire très forte de la conquête et de la perte d'un paradis perdu.
fantaisie romanesque
Un jour, en parcourant le quotidien qu'il vient d'acheter, notre héros tombe avec surprise sur des informations de 1953. Il croit à une plaisanterie ou à un numéro spécial, mais non, car d'autres hallucinations vont le replonger définitivement dans les années cinquante. Ainsi largué dans le Paris de son enfance, il se sent étranger. Puis il se résout à accepter ce sort improbable. Il devient plongeur dans un restaurant des Halles, et il s'aperçoit vite de sa supériorité : il connaît par avance les événements...
En sortant d'une longue et douce rêverie, en me voyant entouré de verdure, de fleurs, d'oiseaux et laissant errer mes yeux au loin sur les romanesques rivages qui bordaient une vaste étendue d'eau claire et cristalline, j'assimilais à mes fictions tous ces aimables objets ; et me trouvant enfin ramené par degrés à moi-même et à ce qui m'entourait, je ne pouvais marquer le point de séparation des fictions aux réalités ; tant tout concourait également à me rendre chère la vie recueillie et solitaire que je menais dans ce beau séjour.
"Ce silence, cette nuit, ces rues étroites, tout disposait Pierrot à ne penser à rien de précis. Il regardait à droite, à gauche, comme pour
accrocher quelque part ses petites curiosités, mais ne trouvait rien - tout au plus les enseignes, et qui ne valaient pas les billes de
l'avenue de Chaillot. Il songea un instant à visiter le bobinard de cette sous-préfecture, mais il ne rencontrait personne pour le
renseigner.
Finalement il se perdit. Il traversait maintenant une petite banlieue ouvrière, avec des manufactures ici et là. Plus loin, Pierrot
atteignit une route assez large, avec un double liséré d'arbres, peut-être nationale ? peut-être départementale ? Il marcha encore quelques
instants. Il entendit tout près de lui un grand cri, un cri de femme, un cri de peur".
- Zazie, déclare Gabriel en prenant un air majestueux trouvé sans peine dans son répertoire, si ça te plaît de voir vraiment les
Invalides et le tombeau véritable du vrai Napoléon, je t'y conduirai.
- Napoléon mon cul, réplique Zazie. Il m'intéresse pas du tout, cet enflé, avec son chapeau à la con.
- Qu'est-ce qui t'intéresse alors ?
Zazie ne répond pas.
- Oui, dit Charles avec une gentillesse inattendue, qu'est-ce qui t'intéresse ?
- Le métro.
roman
Ce délicieux roman retrace l'aventure d'un frère et d'une sœur d'origine américaine mais ayant passé leur vie dans la société raffinée des capitales européennes, qui rendent visite à leurs cousins de Boston. Félix, le frère, est peintre. Bohême, naïf et plutôt bon enfant, le mode de vie simple et dépouillé de la Nouvelle-Angleterre n'est pas sans lui déplaire. En revanche, Eugénie juge avec sévérité ce monde sans joie et sans plaisirs qui heurte sa coquetterie et son goût des mondanités. Paru en juillet 1878 sous forme de feuilleton dans l'Atlantic Monthly, Les Européens est une satire légère, tout en grâce et en finesse, des mœurs puritaines de l'Amérique décrites à travers les rapports entre ces deux charmants aventuriers et la société bostonniene de 1840.
Le Maître de Ballantrae (1889) est le chef-d'œuvre de Stevenson. Ce roman d'aventures, qui commence en Ecosse en 1745, entraîne le lecteur sur les champs de bataille, sur les mers avec les pirates, vers les Indes orientales et enfin en Amérique du Nord avec sa terrible forêt sauvage, hantée par des trafiquants, des aventuriers patibulaires et des Indiens sur le sentier de la guerre. On retrouve l'inspiration de L Ile au trésor (1883), enrichie de celle du Cas étrange du Dr Jekyll et de M. Hyde (1886), car Stevenson poursuit son exploration obsessionnelle du mystère et des ambiguïtés du mal. Le héros, James Durie, Maître de Ballantrae, livre à Henry, son frère cadet, un combat sans merci. Stevenson décrit la fascination romantique que ce protagoniste diabolique, séduisant, raffiné, intelligent, implacable et sans scrupule, est capable d'exercer sur ses proches et jusque sur les narrateurs chargés de relater ses aventures prodigieuses.
On ne joue plus Chatterton depuis longtemps. C'est donc le moment de le lire. Car s'il y a une pièce qui montre le drame de l'artiste méconnu, condamné à la misère et à la mort, c'est bien celle-là. " C'est l'histoire d'un jeune homme, nous dit l'auteur, qui a écrit une lettre le matin, et qui attend la réponse jusqu'au soir ; elle arrive, et le tue. " Vigny prend le parti de la poésie contre la société, ce qui est une nouveauté dans l'histoire de la littérature. À partir de là, on aura deux publics : les happy few et les autres. Il faut aussi souligner le rôle de la femme dans cette œuvre. Le jeune poète est, en effet, aimé par une créature angélique. C'est elle qui permet à Chatterton de devenir un vrai poète. La société l'emporte, et empêche le couple de s'unir. Il s'agit donc d'une pièce à la fois sentimentale et très intellectuelle : Vigny prêche pour un " drame de la pensée ". Loin des foules du théâtre romantique ou shakespearien, il écrit une tragédie épurée, celle du désespoir moderne. C'est lui qui a inventé le poète maudit.
Une baraque sur un terrain vague sert de lieu de rendez-vous à une bande d'adolescents. Derrière un tas de gravats un homme est en train de mourir. Cette présence n'interrompt ni les jeux des enfants ni leurs vélléités érotiques. La police cerne la baraque, car l'homme qui agonise n'est autre qu'un gangster. Les policiers tireront-ils sur le couple de gamins qui s'est attardé à "jouer" dans la cabane ?
On prit une demi-feuille de papier en tête de laquelle étaient imprimés les mots : Préfecture de la Seine. Cabinet du Préfet. M. de
Rambuteau avait peut-être, le matin même, employé l'autre moitié de cette feuille à écrire quelque billet doux galant ou rassurant à ce
qu'il appelait ses petites bourgeoises. M. de Lamartine traça cette phrase sous la dictée des cris terribles qui rugissaient au-dehors : "Le
gouvernement provisoire déclare que le gouvernement provisoire de la France est le gouvernement républicain, et que la nation sera
immédiatement appelée à ratifier la résolution du gouvernement provisoire et du peuple de Paris." J'ai tenu dans mes mains cette pièce,
cette feuille sordide, maculée, tachée d'encre, qu'un insurgé emporta et alla livrer à la foule furieuse et ravie.
La quatrième de couverture indique : "Une petite fille écoute sa grand-mère cherokee lui raconter le monde ; une mère et sa fille se rapprochent en se découvrant toutes deux enceintes ; une jeune voleuse assiste à un cambriolage aux conséquences désastreuses. En douze nouvelles tendres et drôles, Barbara Kingsolver nous livre un hymne au bonheur de vivre en reprenant ses thèmes de prédilection : défense de la nature, souci des enfants, sagesse des Indiens, fragilité et force des femmes."
Paris, révolution de février 1848. Gavroche devient le symbole de la liberté guidant le peuple. Les barricades sont tombées ! Ployant sous le poids de Marius mourant, Jean Valjean s'enfonce déjà dans les eaux boueuses de l'égout. Au terme de cette traversée des enfers, un étrange rendez-vous l'attend.